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Le localisme est un souverainisme

08/06/2021

C’est une petite musique qui monte dans l’espace médiatico-politique : le localisme, soit la préférence pour la production et la consommation locale, serait un « marqueur d’extrême droite ». Anthony Cortes bat en brèche cette sottise typiquement macronienne et montre que c’est au contraire un outil d'utilité publique, indispensable pour restaurer notre souveraineté.

Le localisme est un souverainisme

C'est ce que l'on appelle une fleur. Elle a été offerte il y a quelques mois par Éric Dupond-Moretti. Son heureux destinataire, le Rassemblement national (RN), n'en demandait certainement pas tant, mais le voilà comblé. Le 9 mars dernier, invité d'Europe 1, le garde des Sceaux a en effet asséné que le localisme est « l'ADN du Rassemblement national » et trahit « une vision microscopique des problèmes environnementaux ». Avant de lancer, sentencieusement : « Le localisme, c’est l'autarcie, le repli sur soi, la fermeture. La xénophobie n'est jamais très loin de tout ça. Ça commence par le localisme, ça finit par le racisme. » Le jugement est sans appel : le localisme est nauséabond, indéfendable, injustifiable. Et gare à ceux qui voudraient s'en emparer pour répondre aux défis environnementaux de notre siècle en valorisant nos atouts propres. Exploiter nos possibilités, notre potentiel, notre savoir-faire, c'est se fermer, c'est refuser l'autre. Compris ?

CIRCUIT COURT

Soyons sérieux. D'abord, qu'est-ce que le localisme ? Au-delà d'une « préférence nationale » qui, dans l'esprit du ministre de la Justice, sonne comme un rappel des pires heures de l'histoire de l'humanité, il propose surtout de faire de nouveau confiance à notre capacité d'action locale. Est-ce si infamant ? Par définition, le localisme s'oppose à la globalisation, à la mondialisation et à ses effets délétères provoqués sur la planète (consommation à outrance, échanges internationaux illimités et transport de marchandises polluant) comme sur ses habitants (culte de la productivité, délocalisations, dilution des richesses locales…).

Le localisme repose sur un principe bien connu et particulièrement prisé en ces temps actuels, le circuit court. En clair, il s'agit de privilégier l'achat et la consommation de produits locaux, donc de réduire le périmètre d'achat mais aussi les intermédiaires pour assurer une rémunération plus juste des producteurs et...

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