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Le misère et le laxisme : le deux plaies de la justice

Pour Régis de Castelnau, la défaillance de la Justice (incontestable, sauf mauvaise foi évidente) procède de deux causes qui s’additionnent : la faillite matérielle de l’institution et la politisation croissante des magistrats.

Le misère et le laxisme : le deux plaies de la justice

Les unes après les autres, toutes les enquêtes d’opinion témoignent de la méfiance grandissante des Français envers leur Justice. La dernière en date, publiée par l’IFOP au mois de mai 2021, montre que 22 % des personnes interrogées font spontanément confiance à l’institution judiciaire, quand près de 63 % s’en défient, voire lui manifestent de l’hostilité. Pire encore, 81 % des sondés accusent nos magistrats de « laxisme ».

Un reproche en partie fondé. Non seulement parce que la place Vendôme est l’un des parents pauvres du budget de la nation, mais aussi parce que la réponse pénale apportée à la montée de l’insécurité dans notre pays n’est clairement pas adaptée à la réalité des violences qui y ont cours, notamment à cause des magistrats de plus en plus nombreux à s’attribuer, au détriment des autres pouvoirs séparés, des missions politiques qui ne sont pourtant pas les leurs.

MISÈRE MATÉRIELLE DE LA JUSTICE

Référons-nous d’abord, en invitant à sa lecture, à un remarquable ouvrage publié par Olivia Dufour en 2018 : Justice, une faillite française ? (éd. Lextenso). Une fois le livre refermé, le point d’interrogation du titre apparaît superflu. L’auteur décrit en effet au sein même de l’administration judiciaire des situations qui relèvent parfois de la misère. En exergue de son premier chapitre (intitulé à juste titre : « La France, honte de l’Europe ? »), on trouve cette citation : « Non, la pauvreté séculaire de la justice en France n’est pas un mythe. » Elle est signée par Jean-Charles Asselain1, professeur de sciences économiques à l’université de Bordeaux, qui a montré le recul continu de la part budgétaire alloué à la Justice depuis la seconde moitié du XIXe siècle.

Qu’on en juge : la France dépense pour ses services judiciaires 64 euros par habitant, contre 85 euros...

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