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Quelle écologie socialement juste ?

Puisque repeindre en vert le capitalisme ne saurait suffire à relever les défis climatiques et écologiques contemporains, Georges Kuzmanovic et Pierre Leviaux proposent des pistes de réflexion pour la mise en place d’une transition écologique véritablement efficace et socialement acceptée.

Quelle écologie socialement juste ?

La configuration actuelle du capitalisme néolibéral permet-elle de mener une politique répondant au double objectif social et écologique ? C’est bien là tout l’enjeu de notre vie démocratique. Car si un certain nombre de mesures ne sont pas prises, bien plus ambitieuses que celles que le gouvernement actuel propose, il est illusoire de penser que la politique écologique et climatique produira des effets à la hauteur des enjeux auxquels nous sommes confrontés.

CLARIFIER LE DIAGNOSTIC

Les désordres écologiques et environnementaux observés sur la planète ne sont pas fortuits. Ils résultent d’une organisation de la production et de la consommation structurellement insoutenable, ainsi que d’une idéologie économique qui va à l’encontre d’une gestion raisonnée des biens communs.

Le capitalisme néolibéral que nous connaissons est un capitalisme d’essorage : l’ensemble des institutions est orienté dans un seul but, garantir la plus forte rémunération du capital possible. Lorsque les exigences de rendement ne sont plus satisfaites, le capital migre et exploite d’autres travailleurs et d’autres ressources en d’autres lieux. La mondialisation et les élargissements européens successifs auront d’abord servi à cela. Le capital, dans la vision économique dominante, se croit donc en droit d’essorer tous les autres facteurs de production que sont le travail, les êtres humains, les ressources énergétiques, les ressources physiques, chimiques et biologiques qui constituent notre environnement au sens large.

Résultat, pour la plupart des décideurs publics contemporains, la rémunération du capital constitue, in fine, le principal critère de « bonne santé » de l’économie. Et le concept de croissance paraît totalement indépassable. Pourtant, celle-ci ne nous dit rien de l’utilité commune des biens et des services que nos sociétés produisent. Elle ne mesure que l’expansion des activités humaines auxquelles on fixe un prix, soit l’extension de l’espace de la marchandisation et avec elle, la capacité d’exploitation, d’extraction, d’essorage des...

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