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Repentance coloniale

Par Olivier Dard.

Repentance coloniale


Le 15 février 2017, alors qu’il n’était que candidat à la présidence de la République, Emmanuel Macron déclarait sur une chaîne de télévision algérienne : « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes. »

Cette prise de position était inédite au regard de ses prédécesseurs qui, à l’Élysée ou en campagne pour l’Élysée, avaient certes condamné la colonisation en Algérie, mais sans aller jusqu’à se recouvrir ainsi la tête de cendres. À Constantine en décembre 2007, Nicolas Sarkozy avait ainsi qualifié le système colonial d’« injuste par nature » et d’« entreprise d’asservissement et d’exploitation », dont « les fautes et les crimes du passé furent impardonnables ». Mais il avait ajouté qu’il ne s’engagerait pas dans une entreprise de « repentance coloniale », pour reprendre une formule qui a largement cours en France depuis les années 2000 avec les débats sur la reconnaissance du « rôle positif de la colonisation » et notamment autour de la publication de l’ouvrage de l’historien Daniel Lefeuvre intitulé Pour en finir avec la repentance coloniale (éd. Flammarion, 2006). François Hollande avait aussi revisité devant les parlementaires algériens l’histoire de l’Algérie française : « Pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal, ce système a un nom, c’est la colonisation, et je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien. » Le Président socialiste se refusait cependant à « faire repentance » ou à « présenter des excuses ».

« Réconciliation des mémoires »

Si, lors de la campagne, les propos du...

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