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Tout journalisme est propagande

Tout journalisme est propagande


Le neveu de Sigmund Freud, Edward Bernays, quitte l’Autriche où il est né en 1892 pour les États-Unis. Il adopte le cynisme naïf, la brutalité sommaire et l’amoralité confondante de son pays d’adoption. Il avait un an quand ses parents ont abandonné Vienne pour lui préférer le Massachusetts où il vivra 103 ans. Il n’a donc pas eu à se défaire de la subtilité de la Mitteleuropa d’un Karl Kraus car il a baigné très tôt dans « les eaux glacées du calcul égoïste », pour parler comme Marx.

Dans une lettre à Ferenczi, l’auteur de Malaise dans la civilisation entretient du « pays des barbares à dollars » (19/09/1926) qu’il n’aime pas beaucoup. « L’Amérique est une erreur », dit-il selon son premier biographe Ernst Jones – je souscris à ces remarques de Freud, une fois n’est pas coutume… Edward Bernays pense comme un Américain, autrement dit en pragmatique pour lequel la fin justifie les moyens, le tout en proclamant qu’il en va là, bien sûr, de morale et de vertu.

Avec Propaganda (1928), Bernays publie un manuel de cynisme politique sur l’art de conduire les foules et de créer en elles un désir dont on leur laisse croire ensuite qu’ils l’ont librement choisi. Bernays vend de la politique comme des chaussures ou des cigarettes, des polices d’assurance ou des costumes en velours, des longueurs de jupe et des petits-déjeuners au bacon - on lui doit en effet cette signature de l’American way of life en même temps que la propagation du tabac Lucky Strike chez les femmes. Le journalisme tient bien sûr un rôle important dans ce dispositif d’asservissement des masses et de contournement du peuple, un coup de bonneteau qu’il nomme… « démocratie » !

Bienvenue dans notre modernité !

1 - LA THÉORIE

Longtemps, les États-Unis refusent...

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